Point d’orgue d’un ambitieux travail entamé par Bioforce il y a un an,

cette conférence était conçue comme une plateforme de réflexion, mais surtout de recommandations pour concrétiser notre intuition : un espace d’échanges et de réflexion continue autour des enjeux de la professionnalisation du secteur est plus que jamais nécessaire, car la qualité et la redevabilité des actions humanitaires dépend et continuera de dépendre de la qualité et du professionnalisme de son personnel.

Au cours de l’année écoulée, Bioforce, avec le soutien de la Direction de la Coopération Internationale de Monaco et l’appui d’un comité consultatif composé d’Humanité et Inclusion, ALNAP, PHAP, CHS Alliance, NRC, PAM et CICR, a dressé le premier état des lieux international des métiers humanitaires : the State of Humanitarian Professions 2020. Près de 1000 humanitaires se sont exprimés au cours d’entretiens, d’ateliers dans 10 pays, et dans une enquête à grande échelle.

Pour la première fois, ces contributions ont permis d’obtenir des informations chiffrées, mesurées et, de fait, déterminantes autour de 24 professions humanitaires reconnues par le secteur et ont permis de décrire leurs évolutions, et les compétences qu’elles requièrent.  Plus largement, cette consultation massive a permis de recueillir des informations utiles et partagées sur les pratiques de recrutement et d’évolutions professionnelles qui ont cours dans le secteur humanitaire.

Ces premiers résultats ont été présentés le 17 novembre dernier lors d’une conférence en ligne hébergée par notre partenaire PHAP. 566 professionnels humanitaires ont rejoint d’un peu partout dans le monde cet espace de réflexion et d’échange : 35% d’Europe, 29% d’Afrique Sub-Saharienne, 13% d’Asie, 9% du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, 9% d’Amérique du Nord, 3% d’Amérique Latine ou des Caraïbes, 2% d’Océanie. Les commentaires et sondages organisés pendant toute la présentation de l’étude ont généré des données supplémentaires, la plupart confirmant les résultats existants. Une table-ronde a réuni 4 professionnels pour approfondir les échanges autour des constats de l’étude : Keiko Cornale, Responsable des RH Internationales de la Croix-Rouge Française ; Yves Horent, Conseiller humanitaire du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) ; Virginie Lefèvre, coordinatrice Programmes et Partenariats d’Amel Association International ; et Boris Lissassi, Responsable RH d’UNICEF.

La conférence s’est poursuivie par un second temps où 63 professionnels des ressources humaines, de la formation et de la professionnalisation dans le secteur humanitaire ont collaboré à la formulation de 19 recommandations en réponse aux quatre questions fondamentales qui ont émergé de l’étude :

  • Comment favoriser la professionnalisation lorsque les métiers ne sont pas reconnus ? Avons-nous besoin de métiers pour stimuler la professionnalisation ?
  • Comment freiner les préjugés qui rendent le recrutement humanitaire moins efficace ?
  • Comment faire en sorte que les humanitaires aient les compétences nécessaires pour faire leur travail efficacement ? Et quels sont les risques de ne pas le faire ?
  • Comment pouvons-nous favoriser la localisation du personnel humanitaire ?

A l’issue de la conférence, 100% des personnes interrogées ont jugé la conférence utile et 95% souhaitent que ce travail soit poursuivi à l’avenir. Plus de quatre personnes sur cinq valident le concept d’un observatoire permanent des métiers humanitaires. Un expert a décrit l’étude comme « un travail de recherche décisif et qui arrive à point nommé ».

Le rapport complet « Etat des lieux des métiers humanitaires 2020 », comprenant l’étude, les recommandations issues de la conférence, ainsi que les résultats d’une étude complémentaire sur l’impact de la covid-19 sur les métiers humanitaires, sera publié mi-décembre (en janvier pour sa version française). 

Découvrez l’intégralité de la conférence en replay
SOHP : UN OUTIL DE REFERENCE POUR LA COMMUNAUTE HUMANITAIRE

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