« J’aurais dû me douter que ça laisserait des souvenirs 18 ans plus tard ! »

 Responsable RH et Finances humanitaire : portrait de Thibault, alumni Bioforce 2006


Les grandes étapes de mon parcours professionnel :
je pourrai résumer 3 temps, 4 ans d’humanitaire sur le terrain, 5 ans d’appui au siège et de reconversion, et 8 de Direction RH ! Fort d’une envie de m’engager dans l’humanitaire l’année de mon bac, j’ai fait un BTS en alternance pour vite travailler pour accumuler de l’expérience professionnelle, nécessaire pour intégrer Bioforce et avoir une chance de rejoindre une ONG internationale. Après Bioforce, j’ai eu la chance de m’engager pendant presque 10 ans, dont 5 ans à l’étranger, au Soudan avec Triangle Génération Humanitaire, en Haïti avec OIM, au Pakistan avec Handicap International. J’ai adoré ces années d’engagement opérationnel de terrain, j’y ai mis toute mon énergie et j’ai aussi découvert les limites du management, les difficultés des équipes dysfonctionnelles et les enjeux humains mal maitrisés comme freins à l’action et à l’impact humanitaire. C’est pourquoi j’ai décidé de reprendre mes études pour devenir Directeur des Ressources Humaines dans une ONG ou organisation à impact pour avoir plus d’influence sur les individus engagés et les collectifs performants.

J’ai prolongé mon engagement humanitaire aux sièges de Première Urgence Internationale et Action contre la Faim avant de rejoindre l’ESS en France où je suis aujourd’hui DRH du Groupe SOS, où je m’éclate à essayer de donner du sens à une diversité d’acteurs engagés, à jouer d’influence et à jongler avec de nombreux sujets, de l’évolution des politiques publiques aux réponses pragmatiques à des enjeux de société. Moins d’action humanitaire, mais toujours une finalité d’action orientée vers plus de solidarité et d’inclusion.

Ma rencontre avec Bioforce : j’ai vu de la lumière et je suis rentré 😉 Engagé bénévolement dans plusieurs associations et après un voyage au Cameroun à 18 ans, j’ai été marqué par la pauvreté et eu envie de choisir une voie professionnelle orientée vers la lutte contre les inégalités, a fortiori à l’international. J’ai fait quelques recherches sur les profils demandés par les ONG et assez vite compris qu’une expérience professionnelle était utile, un métier et idéalement un diplôme spécialisé. Le nom de Bioforce est ressorti régulièrement, alors j’ai accepté un CDI le temps de compléter l’expérience professionnelle minimale requise avant de postuler à Bioforce en 2006. Je garde le souvenir de ma « rencontre » avec Bioforce avec ce concours où on se retrouve à rencontrer des collègues autour d’une course à pied, des activités dans la piscine et des jeux collectifs, pas habituel comme concours, j’aurais dû me douter que ça laisserait des souvenirs 18 ans plus tard !

« Difficile de retenir une seule rencontre clé »

Mon meilleur souvenir à Bioforce : comment ne pas parler du déménagement du site de l’école ! La promo complète en mode projet pour organiser, coordonner et mettre en œuvre ce projet ! On a porté quelques cartons, mais on a bien ri et c’était un sacré moment collectif, qui nous a permis de travailler en inter-formations, de se mettre en mode action et de construire un esprit de promo indélébile. Petite pensée émue quand la police est intervenue pour nous faire stopper d’émettre en VHF sans autorisation, évidemment la raison pédagogique n’a pas été retenue 😉

Une rencontre clé à Bioforce : difficile de retenir une seule rencontre clé, j’ai vraiment croisé des personnes formidables, stagiaires, intervenants, salariés, associations et anciens stagiaires, mais si je dois en retenir deux, je dirais ma collègue de promo Agnès Dury, et Damien Lehalle, de la promo précédente mais qui nous avait accompagnés lors des applications terrain. Tous deux nous ont transmis leur énergie et leur engagement. Leur décès en mission en 2007, quelques mois seulement après notre départ de Bioforce, nous a tous dramatiquement rappelés à la réalité des risques de l’engagement humanitaire. Nous avons tous été marqués et nos engagements à chacun ont été teintés de leur départ prématuré.

Une citation : un des messages transmis à Bioforce autour de la définition de l’action humanitaire, « restaurer la dignité par la capacité de choix ». La phrase était plus percutante, mais le message m’est resté jusqu’à aujourd’hui comme un marqueur de ma relation aux personnes en fragilités, l’importance de l’altérité et de respecter le pouvoir d’agir, en toutes circonstances.

En direct du terrain

Thibault, Norbert, Korotimi, Erwan ou Elvis : depuis 1983, plusieurs milliers de personnes ont été formés avec Bioforce. Découvrez leurs témoignages dans nos interviews.