Eviter le décrochage des élèves

« C’est motivant, c’est vraiment bien de venir » explique Laura dans un large sourire que son masque ne parvient pas à dissimuler. Cette étudiante en première année de la formation post-bac Responsable de l’environnement de travail et de la logistique humanitaire est présente dans les locaux de Bioforce ce matin de février pour suivre des cours et participer à une évaluation. Avec ses camarades de promo, elle suit depuis l’automne un cursus inédit fait de cours à distance et de sessions en présentiel. « Aujourd’hui je me sens bien, j’ai la chance de ne pas être isolée parce que je vis en colocation, j’arrive à maintenir un lien social. La qualité des formations à distance est bonne, mais elle n’enlève pas le besoin de proximité avec nos formateurs. »

Alors que les étudiants en France tentent de faire entendre leurs voix face à la fermeture des universités, le statut de centre de formation professionnelle permet à Bioforce de proposer un certain nombre de cours en présentiel. « La décision de rouvrir a été prise en novembre dernier, dès que nous avons pris connaissance d’une directive du ministère du Travail permettant de recevoir à nouveau des stagiaires » détaille Bertrand Quinet, responsable du Centre de formation Bioforce Europe. L’article 35 du décret du 29 octobre 2020 permet en effet d’accueillir des stagiaires pour les besoins de la formation « lorsqu’elle ne peut être effectuée à distance », lorsque les stagiaires doivent accéder à un plateau technique,  des outils et des machines pour acquérir ou perfectionner des gestes techniques. Le présentiel est aussi encouragé lorsqu’un accompagnement pédagogique renforcé est nécessaire afin de prévenir tout risque de décrochage.

Laura, étudiante Bioforce

Laura explique « On s’habitue à être isolé, rester chez soi, ne plus voir personne. Les cours en présentiel, du coup, réclament plus d’énergie : quand on sort de plusieurs jours en présentiel, on est épuisés parce que l’habitude se perd. Ça demande un effort d’être entouré de gens, d’être sociable même avec ses amis. On n’a plus l’habitude de l’être naturellement ». Bertrand Quinet confirme : « On a pris cette décision d’abord pour nos étudiants post-bac en première année, là où le risque de décrochage est grand, et pour les cours où le geste technique est important. On reste très vigilant sur le taux de remplissage du centre et chaque cours s’effectue dans le strict respect des consignes sanitaires ».

Entraide

Malgré des dispositions importantes pour maintenir la qualité des formations à distance, le confinement a entraîné un effet de lassitude important parmi les élèves. Le centre a donc ouvert dès novembre pour les cours nécessitant du matériel spécifique comme la gestion des télécoms ou du parc véhicule, mais aussi les exercices de simulation . Toutes ces activités se déroulent bien sûr dans le respect des règles sanitaires : distanciation, masques, utilisation très régulière de gel hydroalcoolique. « Pour les jeux de rôle qui se déroulent en plusieurs jours sur le terrain, complète Bertrand Quinet, on a revu le schéma et supprimé les nuitées pour éviter la promiscuité. Les élèves rentrent chez eux le soir et reviennent le lendemain matin ». Laura mesure sa chance : « J’ai d’autant plus de motivation à venir en présentiel, d’être entourée de gens, par rapport à mes colocs qui sont en distanciel tout le temps pour leurs études et pour qui c’est plus compliqué psychologiquement » Sa camarade de classe Alessandra acquiesce. Elle a abandonné Polytechnique Montréal en mars et s’est posé beaucoup de questions avant de s’engager à Bioforce. Elle a découvert une école où l’entraide entre élèves lui a permis de tenir. « Le matin, quand j’ai des cours en présentiel, j’ai plus d’énergie, je suis plus motivée ».

Alessandra, étudiante Bioforce

Ce dispositif mixte soulage les élèves, comme Guillaume, élève Logisticien de l’Action humanitaire : « Sur les premiers mois de formation, en distanciel, j’ai tout fait pour ne pas décrocher, mais c’est difficile d’être focus sur son écran 7 heures par jour. Heureusement, je vis en colocation près de Bioforce et nous sommes nombreux à vivre dans le quartier, donc nous nous sommes organisés entre nous pour réviser en petit groupe par exemple. Ça nous a évité de nous sentir isolés. Le retour à plus d’activités en présentiel pour des cours techniques a été un soulagement et c’est une source de motivation supplémentaire. Certains avaient rendu leur appartement pour retourner dans leur région d’origine, la solidarité s’est mise en place rapidement et on leur propose de les héberger quand ils reviennent pour quelques jours au centre de formation. ».

« L’important c’est que les enseignements soient de la même qualité »

Benoît, élève Bioforce

Une situation qui soulage aussi Benoît, élève Responsable Logistique de l’Action humanitaire : « Les cours en présentiel donnent du concret et c’est vraiment appréciable, j’ai l’impression d’avoir moins de difficultés, d’apprendre plus vite. Je suis reconnaissant à Bioforce de proposer des choses malgré les restrictions, parce que le matin, c’est quand même plus motivant de se lever quand on doit venir ». Pour cet élève en reconversion qui a tout quitté après le premier confinement pour s’inscrire à Bioforce, le dialogue avec les équipes l’a conforté dans son choix. « Faire Bioforce me tenait à cœur depuis longtemps, mais je quittais mon emploi et mon logement à Royan pour la formation : j’ai eu besoin d’être rassuré. L’équipe a été bienveillante, à l’écoute. J’ai eu des difficultés au départ, particulièrement pendant les cours à distance, parce que j’ai arrêté l’école il y a vingt ans : il m’a fallu un temps d’adaptation. Que la formation se fasse à distance ou en présentiel, l’important c’est que les enseignements soient de la même qualité que les années précédentes et le diplôme de la même valeur. Tout le monde l’a en tête et on nous a longuement rassurés sur ce point. »

Bertrand Quinet confirme : « Les résultats des évaluations des élèves qui ont fini leur parcours en décembre sont similaires à ceux des autres années. Il n’y a pas eu d’impact négatif avec le distanciel : on a réussi au maximum à conserver la qualité de la formation. Si les méthodes sont adaptées- et nous travaillons d’arrache-pied pour ça- ça se passe très bien ».

Le responsable du Centre Bioforce Europe, s’il reste confiant pour la suite, sait qu’il ne peut que s’adapter à une situation sanitaire instable. « On ne peut rien planifier, on ajuste au quotidien selon les données que l’on a. Le virus est imprévisible. Il y a bien sûr des mécontents parmi nos élèves, des frustrations que l’on doit gérer, mais tout le monde se rend compte des circonstances exceptionnelles et des efforts que nous mettons en œuvre. On est à l’écoute des suggestions des élèves, on rencontre les délégués tous les 15 jours pour avoir leur ressenti. On discute, on essaie de trouver des réponses, ensemble ».

 

 

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